Cashback

Cashback
Date de sortie : 17 Janvier 2007

Réalisé par Sean Ellis
Avec Sean Biggerstaff, Emilia Fox, Shaun Evans

Film britannique.
Genre : Comédie dramatique


Durée : 1h 34min

Ben Willis , étudiant aux Beaux-Arts, se fait plaquer par sa petite amie Suzy. Devenu insomniaque suite à cette rupture, il se met à travailler de nuit au supermarché du coin.
Là, il fait la connaissance de quelques personnages hauts en couleur qui cultivent, chacun à sa manière, l'art de tromper l'ennui pendant les longues heures de travail.
L'art de Ben consiste à imaginer qu'il suspend le temps, ce qui lui permet d'apprécier la beauté du monde "en mode pause" et des êtres qui le peuplent.
Il est particulièrement sensible au charme de Sharon, la discrète caissière qui détient peut-être la clé de ses insomnies.



Nommé aux oscars 2006 dans la catégorie meilleur court-métrage, le premier Cashback du néo-cinéaste Sean Ellis était un essai de 18 minutes concourrant à une description de l'ennui. Son succès le pousse à revoir son bébé, et à le faire renaître sous la forme d'un long, 1h34 de travail sur l'imaginaire du spectateur. Et avec talent s'il vous plait.

C'est à travers les mésaventures sociales d'un jeune étudiant que nous allons parcourir le film. Celui-ci vient de se faire lachement jeter par sa copine, 2 ans et demi après le début de leur relation. Evidemment, ça fait mal, très mal. Ben est victime d'insomnie, il ne dort plus. Il décide alors de postuler dans l'équipe de nuit d'un supermarché. Mais 8 heures de travail d'affilée, ça use.
L'ennui était un sujet qui faisait figure de casse-gueule, et ce à juste titre. Seulement, par le biais d'une mise en scène purement esthétisante (le monsieur était photographe de mode), Ellis parvient sans difficulté aucune à rallier le spectateur à son sujet. Pour passer le temps, Ben... l'arrête. Le monde qui l'entoure est sur pause, exception faite de lui-même, pouvant se déplacer et faire tout ce qu'il désire.
Déshabiller les clientes du magasin, cela ne lui pose aucun souci moral. Vénérant les formes féminines depuis la vue d'une suédoise entièrement nue dans son innocente jeunesse, Ben dévétit ces femmes, les observe longuement, et les peint.

Le réalisateur multiplie les effets de style dans l'ensemble de ses scènes, donnant à ses plans des allures de tableau. Des tableaux vivants, dans lesquels les morceaux de musique classique de la BO sublimeront chaque instant, chaque longue et merveilleuse seconde. Pas très original il faut l'admettren mais bigrement efficace. Les décors aux couleurs diaphanes ne manqueront pas de donner à ces instants un charme indéniable. Une douceur également imprimée par la voix off, le personnage contant ses états d'âme et ses réflexions sur sa courte vie. Mais si ces passages figés ne font pas tout le film, ils en constituent tout de même la quintessence.
Un fabuleux délire onirique, une réalité virtuelle sublime en tous points.
Le reste est tout aussi bon. Parfois émouvant, souvent hilarant, le ton déjanté du récit fait la part belle à des personnages aussi attachants que délirants. Et toutes ces petites personnes de se faire involontairement et docilement manipulées par l'imaginaire débordant du jeune étudiant aux beaux-arts. Le scénario, tout en retenue (on notera paradoxalement à certaines scènes de nu, un certain puritanisme), met en avant ses protagonistes, qui servent magnifiquement une narration certes un peu inégale, mais une histoire dont l'irrationnalisme n'a d'égal que l'esthétisme clipesque lui servant de support.

Ainsi, si Cashback a clairement pour objectif de sublimer chaque instant par des lumières et des décors purement esthétiques, le premier long-métrage de Sean Ellis s'avère être une réelle réussite, servi par un casting parfait et un univers inepte génial. Un cinéaste à suivre, assurément.



APPRECIATION PERSONNELLE : 16/20

# Posté le mercredi 15 août 2007 04:57

Modifié le mercredi 15 août 2007 06:26

Caramel

Caramel
Date de sortie : 15 Août 2007

Réalisé par Nadine Labaki
Avec Nadine Labaki, Yasmine Elmasri, Sihame Haddad

Film libanais, français.
Genre : Comédie dramatique


Année de production : 2006

A Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté, microcosme coloré où plusieurs générations se rencontrent, se parlent et se confient.
Layale est la maîtresse d'un homme marié. Elle espère encore qu'il va quitter sa femme.
Nisrine est musulmane et va bientôt se marier. Mais elle n'est plus vierge et s'inquiète de la réaction de son fiancé.
Rima est tourmentée par son attirance pour les femmes, en particulier cette cliente qui revient souvent se faire coiffer.
Jamale est obsédée par son âge et son physique.
Rose a sacrifié sa vie pour s'occuper de sa soeur âgée.
Au salon, les hommes, le sexe et la maternité sont au coeur de leurs conversations intimes et libérées.



Les films présentés au festival de Cannes, et plus précisément à la quinzaine des réalisateurs, sont pour beaucoup de cinéastes l'occasion de se faire connaître. Caramel, premier long-métrage de la libanaise Nadine Labaki, en fit partie. Contant avec justesse et retenue les aventures amoureuses de femmes libanaises aussi différentes que complémentaires, cette première oeuvre compte bel et bien comme l'un des petits bijoux de l'année.

Après visionnage, on se rend véritablement compte que les thématiques abordées dans Caramel pouvaient êtres traitées de façon très caricaturale. Mais si certaines ne pouvaient en aucun cas être zappées (les contraintes religieuses, l'appartenance au groupe), jamais Nadine Labaki ne les rend superficielles. Véritable chant d'amour à la capitale Libanaise et à la féminité, la réalisatrice arrive sans difficultés à rendre la totalité de ses personnages attachants, et à nous intéresser aux joies et déboires de ses protagonistes. On rigole, on est ému, on en vient à avoir de la sympathie pour tout ce beau monde, tant la beauté et la spontanéité de ses interprêtes se révèle langoureuses.
Les images sont superbes, très feutrées, et la sensualité qui s'en dégage ne peut laisser personne indifférent. Des rôles magnifiquement distribués à l'ennivrante BO, tout est relaxant. On se laisse porter, on observe et on déguste avec amour cet indicible Caramel.
Seulement tout n'est pas parfait, les personnages féminins sont nombreux, et tous ne sont pas traités avec la même énergie. On aurait alors préféré une description plus profonde de la relation ambiguë entre une des coiffeuses et la déesse lui servant de cliente, au profit d'un abandon du personnage de Lili, singulier mais qui ne correspond pas à l'univers chaleureux et charnel du long-métrage. De plus, certaines scènes font office de trompe-l'oeil, dans le sens où elles ne sont pas foncièrement utiles, mais qui paraissent l'être, tant on est happé par l'hypnotisante beauté de son principal interprête féminin.

Ainsi, bien que le scénario de son premier long-métrage se révèle relativement inégal, le Caramel de Nadine Labaki est une sucrerie bien goûteuse dont on aurait tort de se passer.



APPRECIATION PERSONNELLE : 14/20

# Posté le vendredi 17 août 2007 04:57

Halloween

Halloween
Date de sortie : 14 Mars 1979

Réalisé par John Carpenter
Avec Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Brian Andrews

Film américain.
Genre : Epouvante-horreur


Durée : 1h 31min.

Interdit aux moins de 12 ans

La nuit d'Halloween 1963. Le jeune Michael Myers se précipite dans la chambre de sa soeur aînée et la poignarde sauvagement. Après son geste, Michael se mure dans le silence et est interné dans un asile psychiatrique. Quinze ans plus tard, il s'échappe de l'hôpital et retourne sur les lieux de son crime. Il s'en prend alors aux adolescents de la ville.


Ayant découvert près de chez moi un magasin très sympathique où les DVD sont (re)vendus à des prix imbattables, avec des titres souvent introuvables, je ne me suis pas gêné pour me procurer une bonne ribambelle de galettes. Tendance maso d'ailleurs, étant donné qu'il y en a déjà une belle armada qui commence à s'empoussiérer dans un coin de chez moi. Mais bon, en voyant tous ces Dune, Audition, Rio Bravo, Heat et autre Chromosome 3 ou Scanners, mon sang n'a fait qu'un tour, et mon porte-monnaie, aujourd'hui, crie famine. Bref, dans mes achats, il y a aussi Halloween premier du nom, qui m'intéresse dans ce papier. Car si le jeune Carpenter (29 ans à l'époque), était très restreint en terme de budget (« seulement » 300 000 $) ou de jours de tournage (3 semaine en tout et pour tout), son bébé s'avère être une vraie réussite, et est par la même occasion devenu un des films les plus rentables de l'histoire du 7ème art. Et à l'aube du neuvième épisode de la célèbre saga, revenons sur ce qui a fait le succès d'un des plus grands films du maître de l'horreur.

Tout commence pourtant avec un air de déjà-vu, un prologue au schéma des plus classiques : présentation du contexte - c'est la veille de la Toussaint, Halloween - ; scénette avec quelques personnages - un jeune couple s'embrasse et fait l'amour - ; meurtre - la jeune fille se fait assassinée -. Seulement, ce cliché n'en est paradoxalement pas un, dans le sens où c'est Carpenter qui en est l'auteur. Repris depuis dans un impressionnant nombre de long-métrages, The Ring et Scream en tête, ce prélude a pourtant de quoi scotcher facilement le spectateur lambda amateur de frissons.
Disons que le monsieur n'a pas non plus laissé sa caméra batifoler dans tous les sens comme on le voit aujourd'hui, pour tenter de provoquer le moindre sursaut de bas de gamme dont on nous gave continuellement. Pour comparaison, ce Carpenter là est dans l'esprit plus proche de Shyamalan que de Paul Anderson. Il n'y a qu'à voir la maîtrise technique dont il fait preuve avec son terrifiant plan-séquence d'introduction. Caméra à l'épaule, vue subjective (en lieu et place du jeune Myers), le spectateur est intrigué et impliqué d'office, le montage ne laissant apparaître le petit meurtrier qu'au moment de l'exécution de son saccage fraternel, et son visage innocent de ne laisser appararaître aucun sentiment, aucun remord, nous regardant de la façon la plus impassible qui soit.
Une scène aussi étrange qu'euphorisante, et qui demeure comme étant le plus grand moment du film. Ce n'est évidemment en aucun cas péjoratif, mais le reste du film, même bon, n'atteint plus cette virtuosité.
On ne pourra ainsi plus rien reprocher à une mise en scène quasi-parfaite, l'usage conventionnel du gore étant totalement laissé de côté au profit d'une ambiance plutôt stressante mais presque nonchalante. On sera ainsi dubitatif quant à la propension qu'à Carpenter à traiter ses thématiques de façon un peu balourde. Les ficelles utilisées sont en effet maladroites (la phrase du professeur en cours : « on n'échappe pas à son destin », la voiture conduite par Myers qui passe au moment où le médecin tourne la tête...) et rendent parfois le scénario légèrement rébarbatif. Ca reste quand même énervant de voir que chacun des protagonistes croient à une blague avant de se faire tuer.

Ceci dit, rien que le charisme de son tueur donne à Halloween tout son intérêt. A l'instar d'Alien, Michael Myers n'est dévoilé qu'avec une parcimonie très fugace, ce qui énerve mais rend également chacune de ses apparitions terriblement efficaces. On repensera alors au moment où Jamie Lee Curtis découvre un à un les cadavres de ses amis, où le masque du meurtrier apparaît de façon très fugitive dans l'obscurité. Et pour accompagner tout ce beau monde, rien de tel qu'une bande originale dans la lignée de L'Exorciste (le thème principal majoritairement), ne donnant à l'histoire qu'un peu plus de frayeur. Bon comme prévu, le final est grotesque et prévisible, mais Halloween reste tout de même tellement prenant que l'on ne peut que faire abstraction de ce faux pas.

Ainsi, en attendant un neuvième Halloween que l'on espère jouissif (et venant de Rob Zombie, on ne peut s'attendre à rien d'autre), rien de tel que de se (re)visionner l'épisode source de cette folle saga, aussi bon de par sa mise en scène que pour le plaisir qu'il procure.



APPRECIATION PERSONNELLE : 16/20

# Posté le dimanche 26 août 2007 07:02

Modifié le dimanche 26 août 2007 07:29

9 Songs

9 Songs
Date de sortie : 02 Mars 2005

Réalisé par Michael Winterbottom
Avec Kieran O'Brien, Margo Stilley

Film britannique.
Genre : Erotique, Musical, Romance


Durée : 1h 9min

A Londres, durant l'automne 2003.
Lisa, une étudiante américaine, rencontre l'anglais Matt lors d'un concert de Black Rebel Motorcycle Club à la Brixton Academy. C'est le coup de foudre immédiat, le point de départ d'une histoire d'amour sensuelle et charnelle. Une histoire passionnée qui durera un an et se conclura pourtant par une rupture sans appel. Dans ce film à la fois impudique et romantique, Michael Winterbottom
brosse le tableau d'une relation amoureuse d'un érotisme torride, depuis ses prémices jusqu'à son inéluctable conclusion. Les scènes de sexe filmées sans faux-semblants alternent avec les images inédites des concerts des Von Bondies, de Franz Ferdinand, de Black Rebel Motorcycle Club, des Dandy Warhols, d'Elbow, de Primal Scream et des Super Furry Animals ainsi que des musiques instrumentales néoclassiques signées Michael Nyman.


Peu nombreuses sont les œuvres pouvant se targuer d'avoir mêlé sexe explicite et scénario intelligent avec succès. Si dans le genre, Ken Park était catastrophique, 9 songs, auquel je vais m'intéresser maintenant, ne fait pas exception, et se révèle être un film aussi inutile que désastreux.

Désastreux à plus d'un titre en réalité. Le concept totalement barré de l'œuvre est on ne peut plus déroutant. Le cinéaste emboite maladroitement scènes de concerts et scènes intimistes, cherchant à susciter je ne sais quelle émotion chez le spectateur. Mais quel est véritablement l'intérêt de l'œuvre ?
Pourvu d'un schéma narratif plus que douteux (une chanson, une scène, une chanson, une scène...), 9 Songs tente de conter une histoire d'amour, sans point de vue, en se plaçant au centre d'une amourette de vacances, l'héroïne habitant aux Etats-Unis et son compagnon en Angleterre. A la superbe photographie, quasi intégralement de la lumière naturelle, s'ajoute pourtant plusieurs relations sexuelles (non simulées) sans réel charme ou sensualité. De plus, les choix artistiques de Michael Winterbottom manquent clairement de bon sens. Le travail au niveau du montage est inexistant, et la caméra ne fait que survoler ce que l'histoire se promettait de raconter : une histoire d'amour. Jamais ce sentiment n'est effleuré autrement que par une fellation ou une pénétration. Alors ça en fait partie, assurément, mais le fait de ne pas prendre parti rend la réalisation tristounette, et donc cette relation passionnelle peu crédible. Rarement placée au bon endroit lors des concerts (qu'est-ce qu'il va nous placer son objectif au beau milieu du public pendant 1 minute entière le monsieur là ?), elle ne mettra jamais en valeur des personnages finalement sans âme, qui baisent (tout le temps), se droguent (parfois) et parlent de l'antarctique (un peu). Bref, Winterbottom hésite continuellement, ne sait quoi montrer au public. Sexe, drogue et rock n'roll convient bien à l'esprit du métrage, seulement la nonchalance dont fait preuve le réalisateur frise l'irrévérence, et ne permet à son film ni d'être intéressant, ni de transformer l'exercice de style que son film incarne en une réelle réflexion.

A mi-chemin entre oeuvre musicale et film pornographique, entre inutilité filmique et nullité absolue, 9 Songs n'est en fait ni plus ni moins que ce que promettait l'affiche du film : 69 minutes de sexe et de rock n'roll.



APPRECIATION PERSONNELLE : 4/20

# Posté le lundi 27 août 2007 06:39

Salo Ou Les 120 Journées De Sodome

Salo Ou Les 120 Journées De Sodome
Date de sortie : 19 Mai 1976

Réalisé par Pier Paolo Pasolini
Avec Paolo Bonacelli, Giorgo Cataldi, Umberto P. Quintavalle

Film italien.
Genre : Drame, Historique


Durée : 1h 55min.

Interdit aux moins de 16 ans

Durant la République fasciste de Salo, quatre seigneurs élaborent un règlement pervers auquel ils vont se conformer. Ils sélectionnent huit représentants des deux sexes qui deviendront les victimes de leurs pratiques les plus dégradantes. Tous s'enferment alors dans une villa près de Marzabotto afin d'y passer 120 journées en respectant les règles de leur code terrifiant.


C'est l'histoire d'une œuvre, l'histoire d'un scandale. C'est l'histoire de l'ultime long-métrage d'un des cinéastes les plus polémistes du septième art. Salo, Ou Les 120 Journées De Sodome, de Pier Paolo Pasolini, demeurera à jamais comme l'un des plus grands tapages de l'histoire du cinéma. S'inspirant de l'œuvre du marquis de Sade et des évènements qui se sont déroulés à Salo, le dernier avatar du fascisme Italien durant la seconde guerre mondiale, le cinéaste représente ici l'être humain sous ses aspects les plus macabres. En résulte une œuvre choquante, dérangeante, malsaine et viscérale, mais dont le ton incisif n'a d'égal que l'intelligence de son propos.

Si le phrasé est lourd de sens, les images le sont encore plus. Encore aujourd'hui, Salo dérange, Salo choque, Salo répugne. Il faut dire que Pasolini va au fait, aucune édulcoration, aucune lourdeur de ton, les scènes parlent d'elles-mêmes. Toute forme de négationnisme mise à l'écart, le pessimisme du cinéaste, ses airs désespérés, son animalité rendent le film difficile à visionner. Utilisant très intelligemment ses personnages à travers les cercles de l'enfer de Dante (les passions, la merde, le sang), le cinéaste n'hésite pas une seconde pour vilipender le fascisme dans ce qu'il a de plus lugubre. Aux scènes filmées de façon très ostensibles s'accompagne une mise en scène glaciale, à la limite du soutenable. L'explicite est de mise, tout comme la servitude paradoxalement provoquée par des plans fixes très morbides. On ne peut ainsi pas rester de marbre face à l'humiliation subie par les 16 victimes, tantôt violées, ou bien dans un registre plus psychologique contraintes d'imiter des chiens, avec tout ce qui accompagne cet état d'animal (gamelle, laisse...). La limite de la perversité et du macabre sera atteinte lors de la scène la plus déshumanisante, la plus hard existante probablement dans un long-métrage, durant le cercle de la merde. Une jeune femme est ainsi réduite à manger l'excrément d'un de ses « maîtres » avec une petite cuillère. Au-delà de toute souffrance physique, c'est la dégradation mentale qui est mise en valeur par Pasolini, avec une véhémence qui n'est à ce stade du film plus à prouver. Renforcé par la composition d'Ennio Morricone en parfaite contradiction avec les images et par un casting d'une efficacité effrayante, le malaise est total. Il sera par la suite très pénible de ne pas repenser aux monologues de cette femme étrange ayant pour but d'exciter ses colocataires, tout comme le plan oppressant d'un jeune couple marié de force contraint de simuler des attirances physiques.

Oubliez tout ce que vous avez vu jusqu'à maintenant, films gores et autres ersatz, l'horreur, c'est chez Pasolini que ça se passe. Salo, Ou Les 120 Journées De Sodome, fait partie des films qui se vivent et demeurent complexe tant l'oppression ressentie continue sans cesse de tourmenter son spectateur. Un chef-d'œuvre en soi c'est certain, mais déjà que le terminer relève de l'exploit, le revoir est une autre histoire...



APPRECIATION PERSONNELLE : AUCUNE (difficile pour le moment...)

# Posté le lundi 03 septembre 2007 17:06